Résidences d’artistes 2025-2026
Attuned Algorithms
par Silvia Cîrcu à l’ISIR

Pendant 6 mois d’octobre 2025 à avril 2026 Ludovic Saint-Bauzel, professeur, accueille à l’ISIR l’artiste et chercheuse Silvia Cîrcu, qui y développera le dialogue kinesthésique humain–machine et la perception incarnée et cognition sensorimotrice.
En effet, le projet Attuned Algorithms s’articule autour de plusieurs objets : un outil de recherche-création transdisciplinaire, visant à intégrer les savoirs somatiques et l’intelligence du mouvement dans le design robotique (Kinaesthetic Toolkit for Robotics Design), des ateliers participatifs, ainsi que d’une maquette de performance artistique intitulée 2nd Skin. À travers ces différents formats, le projet explore les dimensions sensibles, kinesthésiques et éthiques de l’interaction humain–machine, en faisant du corps un lieu de production de savoirs et de la technologie un espace d’écoute et de transformation mutuelle.
Les mains dans la machine
par Olivier Gassies à l’IRISA

Le projet Les mains dans la machine s’inscrit dans une recherche-création menée à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, explorant de nouveaux paradigmes de créations de techniques (Latour, Stépanoff). Ce travail a débuté par l’investissement d’une imprimante 3D, déconstruite pour générer un « jeu » (Derrida) permettant de concevoir de nouvelles pratiques. En dénuant la machine de ses automatismes, Olivier Gassies a révélé une technique d’impression manuelle et crée plusieurs outils qu’il explore désormais dans une démarche dialectique.
L’enjeu est aujourd’hui de rouvrir cette pratique aux techniques automatiques pour interroger les usages hybrides. Comment l’outil peut-il être manié conjointement par les mains et par le robot ? Que peut générer ce travail à « trois mains » ?
La résidence PEPR O2R au sein du laboratoire IRISA, d’une durée de six mois, permettra d’approfondir ces pistes en partenariat avec Claudio Pacchierotti, chercheur en robotique et haptique. L’objectif est de travailler au croisement des savoir-faire manuels et des processus robotiques pour inventer une nouvelle forme de rencontre entre le geste et l’automate.
Reflections
par Sean Hammett à l’ISM

Un oiseau en vol. La rotation infinie d’une éolienne. Les arbres pliant sous l’orage. Le claquement d’une voile.
Le vent est un compagnon constant. Reflections fait du vent un véritable acteur de la performance. Des cerfs-volants pilotés par des systèmes robotiques prennent leur envol lorsque les conditions s’y prêtent. La force et les nuances du vent deviennent visibles dans leurs mouvements, tandis que l’entremise de la technologie se lit dans l’action continue du pilote mécanique.
La conception même des cerfs-volants s’inspire du jeu de la lumière sur la mer. Fabriqués dans une membrane réfléchissante et éclatante, ils reproduisent cet effet dans le ciel.
Dans l’esprit du PEPR O2R, l’objectif est double. Sur le plan artistique, l’œuvre renouvelle notre perception quotidienne du vent et des ressources naturelles, en renforçant la conscience écologique et en cultivant l’émerveillement. Sur le plan scientifique, le projet nourrit la collaboration entre les arts et les sciences, à travers une immersion dans la recherche et un développement technique partagé.
Grâce à l’accueil du directeur de recherche Stéphane Viollet à l’ISM pour une durée de 6 mois, Sean Hammett développe, en s’appuyant sur l’autonomie naturelle d’un cerf-volant mono fil bien conçu, une gamme de cerfs-volants adaptés aux temps différents et testés en partie grâce à la soufflerie contrôlable de l’ISM.
Morphoïd
par Dewi Brunet au FEMTO-ST

Le professeur Kanty Rabenorosoa au FEMTO-ST accueille pour une résidence de 3 mois l’artiste plieur Dewi Brunet.
Durant le mois de décembre 2025 puis février et juin 2026, il travaillera sur son projet Morphoïd, autour de deux axes. Le premier axe concernera la perception de l’organique en robotique et certains enjeux sensibles ou éthiques que cela soulève. Le second axe portera sur la création de robots à faible empreinte écologique par l’utilisation de biomatériaux, actionnement passif, techniques de pliage avancé ou machine à plier. Le pliage, bien au-delà d’une simple technique, représente un langage à la fois mathématique, poétique et philosophique qui dialogue avec le mouvement et la matière.
En l’associant à la robotique souple, l’artiste aspire à concevoir des structures alliant organique et robotique questionnant notre relation aux vivants et aux innovations technologiques. Les résultats de cette résidence pourront revêtir diverses formes : œuvres, installations, article, documentation, démonstration. Cette résidence d’artiste s’intègre parfaitement avec le projet ciblé AS1 du PEPR O2R dans l’objectif de favoriser la création, le développement et la fabrication de robots souples et/ou structures déformables actionnées à base d’origami multi-échelle (micro à macro).
Tropisme
par Chloé Bensahel à l’ISIR

En dialogue avec le directeur de recherche Gilles Bailly et chargé de recherche Baptiste Caramiaux de l’équipe NeuroHCI à l’ISIR, Paris, le projet Tropisme de l’artiste Chloé Bensahel se penche sur une robotique molle tissée et brodée qui imite les mouvements et les déplacements des plantes dans une envie de relier ces déplacements au corps humain dans une démarche IHM (interaction humain-machine).
Sa création artisanale textile réactive au geste humain s’axe également autour autour du design spéculatif, du machine learning, la communication inter-espèce et l’empathie envers le monde botanique par le biais d’une intervention artistique.
Sous la peau des machines : dialogues pulsés entre corps et robotique
par Thierry Besche et Edwige Armand au LAAS-CNRS

et Edwige Armand
Sous la peau des machines : dialogues pulsés entre corps et robotique est un projet de recherche art–science qui explore ce qui circule, bat et reste invisible dans le corps humain : le sang, l’électricité, l’activité neuronale. En croisant pratiques artistiques et technologies de pointe, le projet interroge la manière dont le vivant est aujourd’hui mesuré, fragmenté et parfois réduit à des données binaires. Cette recherche est portée par Dina Arvanitis, chercheuse en microsystèmes électromécanique au LAAS-CNRS et deux artistes aux pratiques interdisciplinaires : Edwige Armand et Thierry Besche. Leur résidence au LAAS-CNRS, débutée en décembre 2025, a constitué une première phase d’immersion et de dialogue avec les chercheurs et chercheuses, autour de dispositifs tels que des capteurs neuronaux biodégradables à base de soie, des organoïdes, des puces neuronales et le microscope à force atomique. Ces échanges ont permis de poser les bases d’une installation interactive mêlant sculpture biologique, son et dispositifs électromagnétiques, ainsi que l’écriture d’un papier de recherche questionnant la représentation du corps, l’invisible et les limites perceptives humaines face à l’infiniment petit. D’autres résidences se dérouleront en février, mars et avril pour une finalisation du projet en juin 2026.
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