Esthétique et robotique

23 avril 2026
12h15 – 13h30


En visioconférence uniquement
ouvert à toutes et tous et sans inscription

ID de réunion : 961 3008 0996
Code secret : 648943


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3ème séminaire interdisciplinaire 2026 Humanibots avec Alexandre Colle

Cette séance a été coordonnée par Véronique Aubergé (CNRS, LIG) et Lionel Obadia (Université Lyon 2 /LARHRA), membre du projet ciblé AS3 « Décision, apprentissage et interaction sociale ».
Cet axe de recherche est organisé par la MSH-Alpes en partenariat avec le Laboratoire d’informatique de grenoble (LIG), le Laboratoire de psychologie et de neurocognition (LPNC), le Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA), le Laboratoire interuniversitaire de psychologie/personnalité, cognition, changement social (LIP/PC2S), le CDP BOOT et avec le programme de recherche Robotique organique (PEPR O2R).

Alexandre Colle est un chercheur et entrepreneur à l’intersection de la robotique, du design et de l’innovation dans le domaine de la santé et des espaces domestiques. Titulaire d’un doctorat en robotique de l’Université d’Édimbourg, avec une spécialisation en interaction humain-robot, et fort d’un parcours dans la mode et l’hôtellerie de luxe, il applique une approche singulière du design aux robots sociaux.
En tant que fondateur de Konpanion, il développe des écosystèmes qui intègrent des compagnons robotiques souples et une intelligence environnementale. Le but est de soutenir le maintien à domicile des personnes ayant des besoins avancés et de contribuer au développement de la « maison vivante » pour tous les âges.
Son travail fait le lien entre la recherche académique et le déploiement industriel. Il a pour objectif de créer des systèmes robotiques hybrides et intelligents qui s’intègrent naturellement dans les espaces domestiques, afin d’améliorer le bien-être et de favoriser une vie saine. Il aborde les robots comme de futurs produits de consommation, intégrés dans un système d’objets et d’usages où le design, la créativité et la construction d’un langage propre jouent un rôle central.

La robotique commence progressivement à sortir du cadre de la recherche et de l’industrie pour s’intégrer dans la société, et plus particulièrement dans les espaces domestiques. Dans ce contexte, l’influence des robots sur le public devient un enjeu important, car elle détermine leur capacité d’intégration dans un rapport de cohabitation permanente avec les utilisateurs.

Le robot n’est alors plus seulement un dispositif technique chargé d’exécuter des tâches. Il devient également un objet soumis au même jugement esthétique que les autres produits présents dans nos environnements domestiques. Il est donc pertinent d’examiner comment ce jugement esthétique se construit dans le cas des robots. Malgré la nouveauté de ces technologies, ils restent soumis à des mécanismes d’évaluation similaires à ceux appliqués à la plupart des objets de notre quotidien. L’esthétique et la neuro-esthétique, en tant que processus cognitifs, offrent des outils pour analyser ces phénomènes de perception.

Dans cette recherche, Alexandre Colle s’est concentré sur un aspect particulier de la perception esthétique : la perception d’un produit, et plus spécifiquement d’un robot, sous l’influence des marques. L’objectif était de comprendre comment les marques influencent le jugement que les utilisateurs portent sur les robots.

À travers une étude menée auprès de 450 participants, il a montré que la présence d’une marque influence significativement la perception des robots. L’étude utilisait des questionnaires mesurant à la fois l’utilité perçue et l’intention d’utilisation, tout en évaluant indépendamment la perception des marques afin d’identifier les relations entre ces différentes dimensions. Les résultats mettent en évidence des différences significatives entre les marques et démontrent leur influence sur la perception des robots. Ils suggèrent également que les robots sont de plus en plus évalués par les utilisateurs potentiels comme des produits, et non plus uniquement comme des objets de recherche.

Dans la continuité de ces travaux, il présentera également le début de ses recherches de design et les travaux en cours autour de son robot compagnon Maah. Ce projet lui permet d’explorer différentes dimensions de l’esthétique robotique, notamment à travers le développement de formes non conformistes et l’étude de la manière dont l’espace domestique agit comme un écosystème influençant l’intégration de robots perçus initialement comme des agents étrangers.

Enfin, il présentera le cadre conceptuel qu’il a développé, qui regroupe différents travaux en esthétique et qu’il utilise pour guider le développement du robot Maah, ainsi que les perspectives de recherche futures associées.


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