Retour sur « The Internet of Living Things × Soft Robotics », 2ème masterclass des Ateliers d’exploration spéculative

18-19-20 mai 2026


MSH Mondes / Université Paris Nanterre
200 avenue de la République
Bâtiment Weber – Maison des Humanités Potentielles
Allée de l’Université
92500 Nanterre
De 10h à 17h
Inscription gratuite obligatoire

La deuxième masterclass des Ateliers d’exploration spéculative, organisée par Nathalie Guimbretière, post-doctorante à la Maison des Humanités Potentielles (MHP), et Benjamin Gaulon, artiste-chercheur et enseignant, en partenariat avec la MSH Mondes, s’est tenue sur 3 journées construites autour des entrelacements entre robotique souple, vivants connectés et imaginaires techniques.
Résumé
Cette masterclass explore une robotique en symbiose avec le vivant, dans une perspective solarpunk et permacomputing. Les participants et participantes y développent des dispositifs expérimentaux capables d’interagir avec des plantes, des micro-organismes et des environnements terrestres ou aquatiques. L’atelier articule prototypage, observation et analyse. Les prototypes y sont envisagés comme des assemblages hybrides associant humains, non-humains, matériaux, capteurs et milieux. Il s’agit ainsi d’interroger la capacité d’agir distribuée qui se déploie entre organismes vivants et dispositifs techniques.
Concepts abordés. Solarpunk. Courant culturel et politique qui imagine un futur écologique désirable, où nature et technologie coexistent sur un mode coopératif. Permacomputing. Application des principes de la permaculture au numérique : durabilité, réparabilité, sobriété matérielle et énergétique. Symbiose technologique. Interaction réciproque entre systèmes techniques et organismes vivants, pensée comme un échange plutôt qu’une instrumentalisation. Soft robotics. Robotique fondée sur l’usage de matériaux souples, favorisant des interactions plus organiques et moins invasives avec l’environnement.
Benjamin Gaulon est artiste-chercheur et enseignant. Son travail explore les impacts environnementaux et sociaux des technologies de consommation. Depuis le début des années 2000, sa pratique aborde des problématiques telles que l’obsolescence programmée, le consumérisme, société de consommation et la culture de consommation à travers le circuit bending, le hacking matériel et l’archéologie des médias.
Concept des ateliers d’exploration spéculative
Ces ateliers de libre réflexion visent à explorer des pistes liées de près ou de loin au futur de nos technologies et à leurs implications sociales, philosophiques, culturelles. Ces ateliers sont ouverts à tous et toutes en plus des chercheurs et chercheuses du PEPR O2R ainsi qu’aux étudiantes et étudiants des écoles d’art et de design associées et associés.
Remarque : il n’est pas nécessaire d’avoir participé aux premières sessions pour assister à celle-ci.
Le dur est-il toujours rigide ? La souplesse forcément molle ? La fluidité forcément liquide ? Faut-il persister à tout solidifier, ou au contraire, s’employer à tout liquéfier ? Qu’est-ce qui nécessite d’être assoupli de toute urgence ? À quel moment bascule-t-on dans le weird ? Comment faire le tri entre la persistance du dur, les promesses du souple ou de la viscosité et les risques du weird ?
Cet atelier propose d’explorer et de développer les imaginaires plastiques du dur, du souple et du weird, dans l’ingénierie, le design, la science-fiction et bien au-delà, sous toutes leurs formes et dans tous leurs états, sans limite créative ni disciplinaire. À travers la lecture performative de textes, le visionnage d’œuvres cinématographiques, littéraires ou chorégraphiques, la mise en place d’expériences, de dispositifs de mise en situation, de rencontres avec des artisans, artistes, designers, chercheurs ou expérimentateurs qui explorent les propriétés des états transitoires de la matière qu’elle quel soit. Pour sa deuxième année, la MHP proposera des rendez-vous réguliers sous forme de débats et d’explorations de la matière.
Retour
Les 18, 19 et 20 mai 2026, quatorze participants et participantes aux profils variés — designers, artistes, graphistes, praticiens et praticiennes des arts du spectacle, étudiants et étudiantes de l’ENSAD et de l’ENSCI, doctorant du CRD ainsi que des chercheurs et chercheures du PEPR O2R — ont bricolé une robotique du vivant sous la conduite de l’artiste-chercheur Benjamin Gaulon : des assemblages hybrides de capteurs, de matériaux souples et d’électronique réemployée, à l’intersection du solarpunk et du permacomputing.
Partant d’une fiction de travail — l’Internet of Living Things Institute et sa question simple : comment la technologie peut-elle cesser d’extraire pour commencer à cohabiter ? — l’atelier a regardé l’arbre comme une infrastructure déjà là, et cherché à lui confier nos dispositifs plutôt qu’à simuler la nature. Des objets capables de percevoir leur environnement et de dialoguer entre eux, pensés à travers les modes de relation que l’écologie connaît — parasitisme, commensalisme, symbiose, et ce greffon plus instable qui parfois fait corps avec l’arbre. Plusieurs prototypes en sont issus : captation des vibrations de l’arbre au géophone, cultures de levures intégrées comme partenaires actifs, ou ce dispositif gonflant un volume souple lorsqu’un capteur lointain détecte une présence dans le feuillage. Une masterclass qui était une invitation à imaginer des objets accrochés à un arbre, attentifs, presque vivants.



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